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Articles

1. Article paru dans Latomus 65/1, 2006, p. 34-48 :
« Non possum quin : évolution d’une construction des comédies de Plaute à la prose d’art de Fronton et d’Apulée »
Cet article étudie l’évolution de la construction non possum quin / nequeo quin, qui présente un nombre d’occurrences très limité, sur une période d’environ 400 ans (du milieu du IIIe s. av. J.-C. au milieu du IIe s. apr. J.-C.). Chez Plaute, et encore chez Térence, la proposition introduite par quin dépend directement du verbe modal de possibilité et entre ainsi en rapport paradigmatique avec l’infinitif (assorti d’une négation) qui accompagne habituellement le verbe modal. Le phénomène de coréférence des sujets du verbe modal et du verbe subordonné observé de façon systématique dans les occurrences de ce tour garantit que tel est bien le fonctionnement de cette construction, et qu’il n’y a pas lieu de supposer qu’un infinitif (facere) est sous-entendu. Le tour, dont la construction était anomale, est refait en facere non possum quin à l’époque classique, grâce à l’adjonction de l’infinitif facere ; le verbe modal se trouve alors construit, comme c’est habituellement le cas, avec un infinitif. Enfin, au IIe siècle apr. J.-C., l’expression nequeo quin réapparaît en tant qu’archaïsme et peut ainsi entrer dans la prose d’art de Fronton et d’Apulée après avoir appartenu au sermo cotidianus des comédies et de la correspondance cicéronienne.
 
2. Article paru dans Ordre et cohérence en latin. Communications présentées au 13e Colloque international de Linguistique latine (Bruxelles-Liège, 4-9 avril 2005), G. Purnelle et J. Denooz (éd.), Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Liège - fascicule 293, Genève, Droz, 2007, p. 43-54 :
« Les emplois du connecteur quin et leur évolution. Comparaison avec les emplois des connecteurs adversatifs at, sed et uerum »
L’article montre que la valeur fondamentale du connecteur quin consiste en un accroissement de la force illocutoire assertive de la proposition dans laquelle il figure. Cette valeur permet une grande variété d’emplois illustrée par les textes de Plaute et de Térence. Chez ces auteurs, quin souligne souvent des réitérations qui peuvent être littérales ou non, et qui reprennent généralement la position exprimée précédemment par le même locuteur, mais peuvent aussi appuyer celle de l’interlocuteur. En latin classique, quin indique presque toujours un ajout et possède habituellement une valeur argumentative ; c’est un connecteur additif qui marque un renchérissement. Cependant, les contextes dans lesquels quin apparaît sont parfois semblables à ceux dans lesquels se rencontrent certains connecteurs adversatifs. Dans les cas de corrélation avec non modo (non solum, non tantum), le recouvrement des emplois de quin et de sed ou uerum (etiam) est réel. En revanche, il n’y a pas, en dépit des apparences, de véritable concurrence avec les emplois de at en début de réplique, ni avec les emplois de sed ou uerum après négation : il s’agit de contextes ambigus dans lesquels quin souligne un rapport de continuité, tandis que les connecteurs adversatifs mettent l’accent sur une rupture.
 
3. Article paru dans Lalies 28, 2008, p. 255-270 :
« Nemo est quin… : origine d’une construction atypique »
L’analyse de la subordonnée introduite par quin dans le tour nemo est quin… fait depuis longtemps l’objet d’un débat : ni l’analyse comme proposition relative, ni celle comme proposition conjonctive n’est pleinement satisfaisante. Le fonctionnement de cette construction atypique, dont la subordonnée peut en fin de compte être rapprochée des relatives « phrasoïdes » décrites par Damourette et Pichon, est éclairé par l’origine de l’emploi de quin dans ce tour. L’émergence des constructions du type nemo est quin… semble en effet avoir été rendue possible par la réanalyse du subordonnant conjonctif négatif quin en subordonnant relatif négatif dans le tour proche nemo … quin… (avec verbe différent de esse) qui admet une interprétation de la subordonnée comme conjonctive (équivalent de nemo … ut non…) ou comme relative (équivalent de nemo … qui non…).
 
4. Article paru dans De lingua Latina 1, 2008 (revue de linguistique latine du Centre Alfred Ernout, publiée en ligne) :
« Interrogation sur la manière, interrogation sur la cause et négation : existe-t-il des interrogations négatives portant sur la manière ? »
En latin comme en français, les adverbes ou lexies introduisant des interrogatives de manière peuvent également servir à interroger sur la cause ; cette ambivalence existe surtout pour les interrogatifs de formation opaque, comme comment en français et qui en latin (vs français de quelle manière et latin quomodo, quo pacto, quemadmodum). Lorsque l’interrogation introduite par ces termes est négative, dans les textes latins, sa valeur est toujours causale. Le fait que la manière soit très étroitement liée au procès, dont elle précise une modalité, explique qu’on ne puisse pas interroger sur la manière lorsque le procès est nié ; seules semblent pouvoir se rencontrer des interrogations négatives rhétoriques de manière, qui supposent que le procès s’est effectivement déroulé.
 
5. Article paru dans le Bulletin de la Société de Linguistique de Paris 103-1, 2008, p. 153-172 :
« Négation incorporée et type de négation. Le cas des interrogatifs et subordonnants négatifs du latin »
Partant du constat que les deux adverbes interrogatifs du latin qui présentent une négation agglutinée (quin, quidni) connaissent un emploi marqué par rapport à celui des adverbes interrogatifs suivis d’une négation autonome, cet article montre que la négation agglutinée aux termes interrogatifs est toujours externe, ce qui a pour conséquence que les questions produites sont systématiquement des interrogations rhétoriques induisant une inversion de polarité. On peut vérifier que la négation incorporée est également externe pour les subordonnants comportant une négation agglutinée (quin, quominus) ou amalgamée (ne). Il semble donc qu’il existe, entre le caractère externe de la négation et son rapprochement sur l’axe syntagmatique avec le morphème exprimant l’interrogation ou la subordination, un rapport qui se retrouverait, sous des modalités légèrement différentes, en français.
 
6. Article paru dans la Revue des Études latines 86, 2008, p. 113-126 :
« L’art de la démonstration dans les œuvres philosophiques de Sénèque : le rôle argumentatif des interro-négatives de cause »
Sénèque emploie, pour introduire les questions négatives portant sur la cause, cinq termes différents : quidni (90 occurrences), quare non (28 occurrences), quin (7 occurrences), cur non (6 occurrences) et quomodo non (3 occurrences). Par rapport à ce qui peut être observé chez d’autres auteurs écrivant vers la même époque, la très grande fréquence d’emploi de quidni est tout à fait frappante ; la rareté des occurrences de cur non et la relative abondance de celles de quare non sont également remarquables. L’article se propose de préciser le rôle de chacun de ces interrogatifs et d’expliquer la fréquence de ses emplois en examinant le type d’interrogation et d’enchaînement dans lesquels il apparaît : interrogations percontatives employées dans le cadre de la ratiocinatio ou de la subiectio, interrogations rhétoriques à valeur assertive utilisées notamment pour reprendre une assertion précédente ou dans le cadre d’une relation d’implication, interrogations rhétoriques à valeur jussive. Il indique également le rôle que ces différentes sortes d’interro-négatives employées par Sénèque dans ses œuvres philosophiques jouent dans l’argumentation, en fonction notamment des types d’enchaînements discursifs dans lesquels elles apparaissent.
 
7. Article paru dans la Revue de philologie 82/1, 2008 (2010), p. 49-75 :
« L’épigramme I, 109 de Martial : un poème encomiastique ou satirique ? »
Cet article peut être consulté en ligne sur le site Cairn.info
L’épigramme I, 109 de Martial est-elle l’éloge convenu de l’animal favori d’un patron que l’on y a généralement lu ? Il nous semble, au contraire, que le génie satirique de Martial culmine dans cette pièce où l’auteur exploite en virtuose l’ambiguïté des formes non explicites de discours rapporté – mentions et discours au style direct libre – grâce auxquelles il se livre à un pastiche et à une mise à distance ironique des propos louangeurs du maître entiché de son animal de compagnie. Martial se rattache-t-il, en ce qui concerne ces animaux, à la tradition encomiastique ou à la tradition satirique ? Lui arrive-t-il de tourner en dérision des personnes réelles désignées par leur véritable nom ? Se permet-il, enfin, de porter sur ses protecteurs un regard critique ? Autant de questions de portée plus générale que met en jeu l’interprétation de cette épigramme.
 
8. Texte publié dans l’Atelier de théorie littéraire de Fabula, 2011 :
« Anachroni(sm)e. Mise au point sur les notions d’anachronisme et d’anachronie »
En regard de la notion d’« anachronisme », perçue comme une erreur consistant en une confusion des époques ou encore comme une forme de désuétude, on propose de promouvoir, à partir des emplois qu’en font J. Rancière et G. Genette, celle d’« anachronie » qui permet d’opérer un renversement axiologique. On développera pour ce faire, sur le modèle des différents sens d’« anachronisme », de nouvelles acceptions du terme « anachronie » : ce dernier pourra ainsi désigner l’état de discordance temporel qui est celui du lecteur moderne par rapport aux textes anciens, l’exportation de notions, de catégories, de théories propres à notre temps ou l’importation de celles qui nous viennent du passé, ou encore les œuvres qui anticipent sur ce qui se fera en d’autres époques ou reprennent des pratiques d’écriture anciennes.
 
9. Texte publié dans l’Atelier de théorie littéraire de Fabula, 2011 :
« Les historiens et l’anachronisme »
L’anachronisme est pour l’historien le « péché capital ». Et si, pourtant, quelque chose de positif se jouait dans cette confusion des époques ? Le philosophe J. Rancière promeut ainsi, au détriment de la notion d’anachronisme, celle d’anachronie qui est pour lui la qualité des êtres ou des événements qui font avancer l’histoire. L’historienne de l’Antiquité N. Loraux va plus loin en réhabilitant, d’un point de vue méthodologique, le geste anachronique dans le cadre d’une pratique qui doit rester contrôlée.
 
10. Article paru dans (Dis)continuité en linguistique latine et linguistique grecque. Hommage à Chantal Kircher-Durand, Michèle Biraud (éd.), L’Harmattan, coll. « Kubaba », Paris, 2012, p. 235-245 :
« Rupture et continuité dans l’emploi de immo au tournant des Ier et IIe siècles de notre ère »
Immo, qui fonctionne en latin classique comme un connecteur argumentatif (souvent renforcé par l’adjonction d’adverbes au sein de locutions telles que immo uero, immo etiam), commence à être employé, au IIe siècle de notre ère, comme un adverbe renforçant lui-même un autre connecteur, notamment dans la locution quin immo (59 occurrences), mais aussi dans les locutions uel immo (2 occurrences) et et immo (1 occurrence). L’article montre en quoi ce changement de statut de immo et ces associations avec d’autres connecteurs reflètent à la fois une rupture et une continuité avec ses emplois classiques : immo apparaît toujours au sein d’une locution assurant une connexion, même si c’est un autre terme qui y assure la fonction de connecteur, et l’association, au premier abord surprenante, de cet ancien connecteur adversatif avec un connecteur additif (quin, et) ou un connecteur disjonctif (uel) s’explique par l’identité de la relation argumentative (renchérissement, rectification) qu’entretiennent les éléments liés par ces connecteurs de types pourtant différents. Enfin, l’étude des occurrences dans lesquelles immo joue toujours le rôle de connecteur permet de voir en quoi les changements que traduit son nouvel emploi adverbial y sont également sensibles.
 
11. Texte publié dans l’Atelier de théorie littéraire de Fabula, 2012 :
« Identifier l’ironie. Catégorisation et perception de l’ironie dans les textes anciens »
L’application du qualificatif d’« ironique » à un texte ancien ne semble a priori poser aucun problème : le terme, d’origine grecque, remonte à la plus haute antiquité. Ce que l’on a pu désigner par ce concept d’« ironie » a pourtant varié à travers le temps. Du contraria dicere de Cicéron aux mentions de Sperber et Wilson, la théorisation du phénomène a changé ; souvent identifié à l’antiphrase, il est tantôt étendu au-delà, tantôt réduit par l’exclusion des astéismes ; certains lui annexent le territoire de la parodie et du pastiche, d’autres l’en distinguent radicalement. La question de l’identification de l’ironie n’est pas seulement celle de sa catégorisation, mais aussi, bien sûr, celle de sa réception. En ce que sa compréhension nécessite le partage d’un certain nombre de valeurs, l’ironie pose avec une acuité particulière le problème de la distance temporelle et culturelle, de la connaissance de l’auteur et de ses intentions. Quelles sont dès lors les données textuelles sur lesquelles la perception de l’ironie peut se fonder ? Existe-t-il de tels indices ou sont-ils eux-mêmes déjà construits par l’interprète ?
 
12. Article du DHELL (Dictionnaire historique et Encyclopédie linguistique du latin), 2013 :
« Quin  »
 
13. Article du DHELL (Dictionnaire historique et Encyclopédie linguistique du latin), 2013 :
« Renchérissement »
 
14. Article du DHELL (Dictionnaire historique et Encyclopédie linguistique du latin), 2013 :
« Dérivation illocutoire »
 
15. En collaboration avec Bernard Bortolussi, article du DHELL (Dictionnaire historique et Encyclopédie linguistique du latin), 2013 :
« Cycle / Évolution cyclique »
 
16. Article à paraître (sous presse) dans la Revue de philologie 85/1, 2011 [2013], p. 25-41 :
« Les trois fautes de goût de Quintus Arrius (Catulle 84) »
Cette lecture du carmen 84 de Catulle a pour but d’explorer certaines questions esthétiques liées à l’elocutio qui se posaient avec acuité aux auteurs du Ier siècle avant notre ère. Il s’agissait là de points délicats à la fois pour les poètes et pour les orateurs, dont l’examen permet d’apporter une contribution à l’étude des rapports entre prose et poésie à la fin de l’époque républicaine. Sont repris, dans cette perspective, le dossier déjà épais concernant la prononciation intempestive d’aspirées reprochée à Arrius et celui, plus mince, qui porte sur un défaut d’élocution des sifflantes. Vient s’y ajouter une proposition au sujet des hiatus qui suppose une interprétation de la pointe de l’épigramme différente des interprétations qui ont été avancées jusqu’à présent.
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