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Monographie

 
Interrogation, coordination et subordination : le latin quin. Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, coll. "Lingua Latina" 11, 2008, 494 pages.
 
L’étude, de type diachronique, prend en compte l’évolution des emplois de quin sur une période de sept siècles, depuis les premiers textes littéraires (IIIe s. av. notre ère) jusqu’à l’époque d’Augustin (IVe s.). Le corpus comprend l’ensemble des occurrences de quin données pour cette période par le CD-ROM CLCLT-5, qui contient la plupart des textes littéraires latins.

Le fonctionnement et la valeur de quin sont examinés selon plusieurs approches complémentaires. Il fallait d’abord déterminer, d’un point de vue syntaxique, les différentes fonctions de ce mot en latin (adverbe interrogatif, particule d’énonciation, coordonnant intra- et extra-phrastique, subordonnant pouvant introduire des subordonnées complétives, circonstancielles et même relatives). Le sens de ce terme et ses éventuelles évolutions ont été précisés : interrogation négative sur la cause tirée d’un ancien interrogatif de manière ; particule marquant l’exaspération et l’impatience du locuteur ; connecteur additif (et non adversatif, comme tendent à le faire penser certaines traductions) ; subordonnant tantôt négatif, tantôt positif. Les acquis de la pragmatique, enfin, ont permis de mieux cerner le rôle de quin dans la communication, notamment pour mettre en lumière la valeur illocutoire souvent jussive, parfois aussi assertive des interrogations introduites par quin ou la valeur argumentative de renchérissement de quin dans son emploi comme coordonnant.

Si les emplois de quin constituent le point focal de cette recherche, ils n’en sont toutefois pas l’unique objet, car ils ont été systématiquement replacés au sein du système linguistique plus vaste dont ils font partie. Les emplois interrogatifs de quin ont ainsi été rapprochés de ceux des autres adverbes interrogatifs de cause (quidni, également négatif et d’emploi très proche, cur (non), quare (non) et em (non)) pour leur valeur, leur fréquence d’emploi et leur évolution (disparition progressive des interrogatifs quin et quidni spécialisés dans certains types particuliers d’interrogation, extension à leurs dépens des emplois des interrogatifs non marqués). Les emplois de quin comme coordonnant ont conduit à une étude des connecteurs adversatifs at, sed, uerum et immo qui peuvent apparaître dans des contextes semblables, ce qui donne l’illusion que quin assume parfois également une valeur adversative, et à une comparaison avec les coordonnants copulatifs et, atque et -que. Enfin, en tant que subordonnant, quin a été replacé au sein du système de la subordination latine à travers plusieurs rapprochements : avec le subordonnant non négatif qui, avec le subordonnant de forme négative quominus, avec le subordonnant ut et ses pendants négatifs (ut) ne et ut non, enfin avec la proposition infinitive et l’infinitif complément de verbe.

Comptes rendus en ligne sur le site de l’éditeur (
http://pups.paris-sorbonne.fr/pages/aff_livre.php?Id=711).
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