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Jean Bouffartigue

Notre président de 2008, Jean Bouffartigue, était pour moi un ami, bien plus qu’un camarade de très longue date, qui me rejoignit à Nanterre et dirigea après moi l’UFR qui s’appelait alors Langues, littératures et philosophie. Cet intitulé, tout comme ces champs disciplinaires que nous arpentons lors des sessions de Clelia, était en parfaite harmonie avec ce que représente pour moi Jean : il était polupragmôn, mais sans les connotations péjoratives qui s’attachent parfois à cet adjectif, agitation, ambition, superficialité. Ceux qui lui rendent hommage soulignent son élégance et sa discrétion. Jean avait des principes et des convictions, mais il préférait ne pas les asséner et laisser à tous ceux qu’il fréquentait le soin de les deviner à travers ses propos. C’était son art de camper sa silhouette et de vivre avec les autres.

Outre l’amour de la nature et des animaux (2012 fut l’année de la parution de son édition du traité de Plutarque sur l’intelligence des animaux), nous avions en commun cette tournure d’esprit encyclopédique qui permet de passer les frontières des disciplines, de s’intéresser aux mots, qu’ils figurent dans un inventaire (celui des « racines » grecques ou latines par exemple) ou soient pris dans le réseau des phrases et des textes. Qu’il me soit permis d’évoquer ici l’une de nos dernières rencontres dont je regrette aujourd’hui qu’elles aient été aussi brèves : comme je lui annonçais la parution de mon livre sur la voix, il attira mon attention sur le dialogue énigmatique entre le Serpent et Ève.

Je le laisse nous parler à travers la notice de la CUF : si le traité de Plutarque « trace le tableau idyllique d’un univers intellectuel où plus rien ne sépare rhéteurs et philosophes puisqu’ils sont les mêmes, et où les deux disciplines opèrent en conjonction, Plutarque parsème cependant son dialogue d’indices qui signifient qu’elles ne se confondent pas. » S’il arrive que l’activité des enseignants-chercheurs subisse la pression des circonstances et des sollicitations (programmes, cursus, colloques et mélanges), à coup sûr ce ne fut pas le cas de L’empereur Julien et la culture de son temps que Jean a pris le temps de peaufiner, parce qu’il était attentif et patient, pour nous proposer un « balayage » méthodique de la culture livresque de ce personnage-symbole (voir son Avant-propos), l’inventaire d’une bibliothèque, mais aussi des savoirs structurés et des valeurs que la paideia peut véhiculer pour Julien … ou pour nous. Tant il est vrai que l’érudition n’a de sens que si les personnes s’y investissent plus ou moins secrètement.
Guy LACHENAUD

Pour lui rendre hommage, l’association met en ligne, avec l’aimable autorisation de Lucie Marignac, Directrice des Presses de l’Ecole normale supérieure, et de Daniel Petit, Directeur de la revue Lalies, un de ses articles paru dans les actes des Sessions CLELIA :

- “ANTHROPOZOOLOGIE ANTIQUE”, par Jean Bouffartigue (article paru dans Lalies 23, 2003, numéro en ligne sur Numilog) :

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